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Sur le terrain

Il y a 200 ans disparaissait Jean-Frédéric Oberlin

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Dimanche dernier, au temple de Waldersbach, nous avons commémoré le bicentenaire de la disparition de celui qui demeure l’une des figures les plus marquantes de l’histoire du Ban de la Roche.
 
Le 1er juin 1826 s’éteignait celui qui fut pasteur de notre paroisse durant 59 années, traversant l’Ancien Régime, la Révolution française et l’Empire. Le jour de ses funérailles, dans un Ban de la Roche alors beaucoup plus peuplé qu’aujourd’hui, des milliers d’habitants accompagnèrent son dernier voyage. Une marque d’affection et de reconnaissance à la hauteur de l’œuvre qu’il laissait derrière lui.
 
Car Jean-Frédéric Oberlin n’était pas seulement un pasteur. Il était aussi pédagogue, botaniste, agronome, homme de lettres et visionnaire.
 
Lorsqu’il arrive à Waldersbach en 1767, il découvre une vallée isolée, marquée par la pauvreté et l’enclavement.
 
Refusant toute fatalité, il se consacre à améliorer concrètement la vie des habitants : développement des chemins et des ponts, modernisation des pratiques agricoles, plantation d’arbres fruitiers, apprentissage de métiers artisanaux, soutien aux plus démunis. Pour lui, la foi ne pouvait être dissociée de l’action au service de l’humain.
 
Son héritage le plus remarquable demeure sans doute son œuvre éducative. En 1769, avec Sarah Banzet, il encourage la création des premiers « poêles à tricoter », confiés aux « conductrices de la tendre enfance ». Dans ces lieux, considérés comme les ancêtres de nos écoles maternelles, les enfants apprennent en observant, en jouant, en chantant, en découvrant la nature et le monde qui les entoure. Bien avant son temps, Oberlin place l’éveil, la curiosité et le respect du rythme de l’enfant au cœur de l’apprentissage.
 
Deux siècles après sa disparition, son message demeure d’une étonnante modernité.
 
Comme le rappelle l’ouvrage « Lire Jean-Frédéric Oberlin » : « son combat a bien été un combat pour l’homme, un engagement pour la dignité humaine ».
 
Merci au pasteur Philippe Clair pour ce beau culte de commémoration, ainsi qu’au pasteur Pascal Hetzel pour nous avoir replongés dans les textes et la pensée de Jean-Frédéric Oberlin.
 
Pour celles et ceux qui souhaitent découvrir davantage son œuvre exceptionnelle, je vous invite à visiter le Musée Oberlin à Waldersbach. Plus qu’un lieu de mémoire, il permet de comprendre comment un homme a profondément transformé un bassin de vie et marqué durablement l’histoire du Ban de la Roche.
 
Deux cents ans après sa disparition, l’héritage de Jean-Frédéric Oberlin continue d’inspirer le Ban de la Roche et bien au-delà.

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