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Sur le terrain

84 ans après, souvenons-nous des incorporés de force

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Le 25 août 1942, l’Histoire basculait pour des milliers de familles alsaciennes et mosellanes.

Ce jour-là, une ordonnance du Gauleiter Wagner imposait l’incorporation de force des Alsaciens et des Mosellans dans l’armée allemande.

Des hommes furent arrachés à leur foyer, à leurs proches et à leur terre. Des hommes qui n’avaient rien choisi. Des hommes contraints de porter un uniforme qui n’était pas le leur, parfois envoyés combattre contre leur propre pays.

Au total, près de 130 000 hommes du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle furent incorporés de force entre 1942 et 1945. Parmi eux, environ 30 000 ne revinrent jamais, 30 000 furent blessés ou invalides et des milliers demeurent encore portés disparus.
Mais derrière ces chiffres, il y a avant tout des vies. Il y a aussi des actes de courage, parfois discrets, parfois héroïques, accomplis dans des conditions extrêmes par ces hommes qui, malgré la contrainte et la peur, ont continué à porter en eux leur attachement à la France.

L’incorporation de force ne doit pas être réduite à un simple épisode de la Seconde Guerre mondiale. Elle constitue une violence d’État, un enrôlement contraint, une privation de liberté, une exposition imposée à la mort et une atteinte profonde à la dignité humaine.

C’est pourquoi j’ai interpellé le Gouvernement afin de demander que l’incorporation de force des Alsaciens et des Mosellans soit explicitement reconnue parmi les actes de barbarie commis par l’Allemagne nazie dans le décret n°2004-751 du 27 juillet 2004. Car reconnaître un crime, c’est reconnaître celles et ceux qui en ont été victimes.

Si le traité franco-allemand de 1981 a qualifié l’incorporation de force de « faute allemande », cette reconnaissance, aussi importante soit-elle, ne saurait être la seule réponse apportée à une mémoire encore profondément présente en Alsace et en Moselle.

Près de quatre-vingts ans après la fin du conflit, de nombreuses familles attendent encore une reconnaissance symbolique et juridique claire de la République française.

Je regrette que la réponse apportée par le Gouvernement à ma question écrite n’ait pas permis d’avancer davantage sur ce chemin. Je regrette également que l’amendement adopté par le Sénat prévoyant une indemnisation pour les orphelins des Malgré-nous encore en vie n’ait pas été retenu dans le budget de l’État pour 2026.

Mais le combat continue.

En ce 25 août, ayons une pensée pour toutes celles et ceux qui ont été victimes de l’incorporation de force.
N’oublions jamais.

📸 Crédit photo : Mémorial d’Alsace Moselle

Pour consulter la question écrite

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